Accueil Vie de la SAR La Une Initiation Système solaire Constellations Lexique

Le catalogue Messier

L'inventaire dressé par l'astronome Charles MESSIER, aujourd'hui officiellement arrêté à 110 entrées, est toujours l'un des catalogues d'objets célestes le plus utilisé par les amateurs d'astronomie.
Il répertorie : 38 galaxies, 29 amas globulaires, 27 amas ouverts, 7 nébuleuses diffuses, 4 nébuleuses planétaires, 1 résidu de supernova et 4... ratons laveurs ?

Charles Messier

Portrait de Charles Messier.

Né en Lorraine en 1730, Charles MESSIER est mort à Paris en 1817. Assistant de Joseph Nicolas DELISLE (1688 - 1768) à l'observatoire de la Marine Royale, il lui succède et y vécut toute sa vie d'astronome.
Excellent observateur, c'est lui qui redécouvrit le premier la comète de Halley de retour à son périhélie en 1759, alors que la communauté scientifique doutait encore des lois de la mécanique céleste et de la gravitation.

Charles MESSIER (Badonviller, 1730 - Paris, 1817).

Les instruments de la deuxième moitié du XVIIIe siècle étaient de bien piètre qualité comparés aux instruments modernes de mêmes ouvertures. Les instruments qu'il a le plus utilisés personnellement étaient une lunette non-achromatique de seulement 50 mm d'ouverture et de plus d'un mètre de focale, ainsi qu'un télescope de 150 mm dont le miroir était taillé dans un bloc fait d'un alliage de cuivre et d'étain qui s'oxydait très vite et ne réfléchissait que le cinquième de la lumière reçue. En raison de leur basse résolution et de leurs défauts optiques, la vision à travers ces lunettes laissait imaginer des objets « nébuleux » là où l'on sait maintenant qu'il y a autre chose que de gros flocons pouvant être pris pour des « astres chevelus », autrement dit des comètes. Comme il les retrouvait souvent dans son champ de vision, MESSIER décida d'en dresser une liste pour éviter toute confusion ultérieure.

Le catalogue Messier

Le premier « catalogue Messier » fut rendu public en 1771 et publié dans les Mémoires de l'Académie Royale des sciences. Il ne contenait alors que les positions de 45 objets accompagnés d'un court descriptif. Les années suivantes de nouvelles découvertes l'incitèrent à publier un catalogue de 58 objets qui vinrent s'ajouter à la précédente liste.
C'est son ami et collègue Pierre André François MÉCHAIN, astronome à l'observatoire de Paris, qui l'aida pour cette compilation dont il a plus que largement contribué à l'enrichissement. Affecté à l'observatoire de la Marine à Versailles, Pierre André François MÉCHAIN fut également un rigoureux observateur : il découvrit pas moins de 8 comètes entre 1781 et 1789. Ses multiples pérégrinations célestes l'amenèrent à trouver de nombreuses nébuleuses faibles, surtout dans la région située entre la Chevelure de Bérénice et la Vierge. Il ne dressa pas de liste de ces découvertes mais en informa MESSIER.
Rédigée dès 1781, puis publiée dans la Connaissance des Temps de 1784, cette liste constitue le véritable catalogue de Messier qui s'arrête donc au n° 103. On retrouve ainsi 21 objets dont il faut attribuer la première observation à Pierre André François MÉCHAIN, qui fut également directeur de l'observatoire de Paris de 1795 à 1803.
Sept autres objets furent rajoutés plus récemment suite à la découverte de notes relatives à leurs observations.

Hôtel de Cluny au XVIIIe siècle
L'Hôtel de Cluny (au XVIIIe siècle) : l'observatoire utilisé par Charles MESSIER est situé au sommet de la tour. La tour aujourd'hui
La tour de l'Hôtel de Cluny aujourd'hui, le bâtiment abrite le Musée National du Moyen-Âge.

L'après Messier

Après celle de MESSIER d'autres nomenclatures d'objets non-stellaires furent établies.
Vingt ans d'observations scrupuleuses de la voûte céleste, avec des instruments de plus en plus puissants, par William Friedrich Wilhelm HERSCHEL et son fils sir John Frederich William HERSCHEL, aboutirent à la publication du General Catalogue, qui porta à plus de 5 000 le nombre d'objets faibles et bien plus difficiles à observer. Ce n'est d'ailleurs qu'en 1845, qu'un noble irlandais, William PARSONS, parvint à résoudre en étoiles la galaxie spirale des Chiens de chasse (M 51).
Son collaborateur, John Dreyer, publia en 1888 le New General Catalogue (NGC). Devenu directeur de l'observatoire d'Armagh en Irlande, il répertoria 7 840 objets auxquels se sont ajoutés depuis 5 836 autres en deux intégrations successives appelées Index Catalogues (IC).

Les quatre « erreurs » de Messier

Découverte et identifiée par Johannes HEWEL, M 40 avait déjà été classée comme nébuleuse. À l'époque on qualifiait de « nébuleuse » tout objet d'aspect flou que l'on découvrait parmi les étoiles. En fait, il s'agit d'une étoile double : Winnecke 4, près de δ UMa. M 73 s'est avéré n'être qu'un simple groupe de 4 étoiles, formant un Y. Pour M 91, aucun objet particulier n'a été retrouvé aux environs de la zone mentionnée dans ses notes. Il est possible qu'il s'agisse d'une méprise et que l'objet concerné soit NGC 4548. Enfin, les relevés laissés par MESSIER sur M 102 partagent les avis des spécialistes en deux thèses.

En hommage au « furet des comètes » une constellation porta un temps son nom. L'astérisme était constitué par quelques étoiles insignifiantes situées près du pôle céleste Nord, entre les constellations de la Girafe, Cassiopée et Céphée.

Les 14 comètes découvertes par Charles MESSIER
datedésignation datedésignation
26/01/17601759 II Messier 01/04/17711771 Messier
28/09/17631763 Messier 12/10/17731773 Messier
03/01/17641764 Messier 27/10/17801780 I Messier
08/03/17661766 I Messier 07/01/17851785 I Messier
08/08/17691769 Messier 25/11/17881788 I Messier
14/06/17701770 I Lexell * 27/09/17931793 I Messier
10/01/17711770 II Grande comète 12/04/17981798 I Messier

* Anders Johan LEXELL (1740 - 1784) en a calculé l'orbite mais en attribue la paternité à MESSIER.

Rechercher sur le site
Valid HTML 5.0 L'usine à bugs !
Société d'Astronomie de Rennes - Maison du Parc - 2, Ave André Malraux - 35000 RENNES - SIREN 480 593 748 - APE 913E